Ségolène Royal et l’interdiction des feux de cheminée

L’arrêté préfectoral qui devait interdire les feux de cheminée en foyers ouverts en Île-de-France a été levé et n’est, pour l’instant, plus d’actualité. Retour sur une interdiction qui aura soulevée beaucoup d’interrogations et poussée la ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, Ségolène Royal, à revenir sur cette décision.

Une histoire qui traîne…

Tout commence en mars 2013 avec un arrêté inter-préfectoral qui comptait interdire tous les feux de cheminée en foyers ouverts à Paris et dans 435 communes de la région, et cela même pour les feux d’appoint ou d’agrément (les feux de cheminée en tant que source de chauffage principal sont interdits depuis 2007).

Cet arrêté était pris dans le cadre du plan de protection de l’atmosphère (PPA) et était destiné à faire baisser le niveau de concentration de particules fines dans l’air. Mis en lumière par Airparif, observatoire de la qualité de l’air en Île-de-France, le chauffage au bois, s’il est réalisé dans de mauvaises conditions (feu ouvert, conduit encrassé, bois de mauvaise qualité ou humide) représente au niveau régional jusqu’à 23 % des émissions totales de particules fines d’un diamètre inférieur à 10 microns (PM10) et jusqu’à 32 % de celles de PM2,5.

De plus, « dans l’agglomération parisienne en général, loin du trafic et des axes routiers, la contribution du chauffage au bois dans les émissions de particules fines PM2,5 (d’un diamètre inférieur à 2,5 microns) est de 7 à 8 %, identique à celle du trafic routier » souligne Airparif.

Les foyers ouverts peuvent également entraîner une augmentation de la pollution de l’air intérieur. Cette pollution aux particules fines est à l’origine de plusieurs pathologies, notamment respiratoires.

segolene royal

Cependant, cette interdiction des feux de cheminée est jugée trop « excessive » par Ségolène Royal et ne sera pas appliquée « cette décision […] ne va pas dans le bon sens, [il ne doit pas s’agir d’une] « écologie punitive ». En effet, Mme la ministre n’oublie pas que de nombreux particuliers ont massivement investi dans le chauffage au bois (7,4 millions de foyers se chauffent au bois contre 5,9 millions en 1999), qui est le chauffage le moins cher actuellement. De plus, le territoire français possède la 4ème forêt d’Europe et couvre 30 % de tout le pays, c’est toute la filière du bois qui aurait été impacté par cet arrêté.

Le chauffage au bois est malgré tout une énergie renouvelable. Si elle est effectuée en foyer fermé, comme un insert ou un poêle, la combustion du bois est beaucoup plus complète : 10 à 15 % pour un foyer ouvert, plus de 75 % pour un poêle et presque 100 % pour une chaudière. La qualité du bois est également importante, il faut utiliser du bois bien sec, de bonne qualité (feuillus plutôt que résineux), ne jamais brûler de bois traité ou peint qui pollue énormément. De plus le foyer doit être propre et ramoné deux fois par an.

Des aides pour améliorer le parc

Plutôt qu’une interdiction, le gouvernement réfléchit à des aides pour améliorer le parc de chauffages à bois sur Paris et ainsi diminuer le taux de particules fines en prenant exemple sur la vallée de l’Arve en Haute-Savoie. Cette vallée est très soumise à la pollution atmosphérique, dont le chauffage au bois est une des premières causes, principalement à cause des foyers équipés d’appareils anciens et polluants (conçus avant 2002).

L’aide financière est fournie pour moitié par l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et par le collectivités locales. D’un montant de 1000 €, elle est destinée au remplacement d’un appareil ancien pour un appareil plus récent, plus propre, labellisé Flamme Verte 5 étoiles. Selon Alain Chabrolle, vice-président EELV de la région Rhône-Alpes, « ce remplacement permet de diviser jusqu’à 30 fois la quantité de particules émises dans l’atmosphère lors de son utilisation. [Il faut] faire évoluer les comportements et […] inciter les ménages à mieux se chauffer au bois et de manière quasi propre. »