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Comment éviter les feux de cheminée ?

Comment éviter les feux de cheminée ?

Un feu de cheminée démarre presque toujours dans le conduit, pas dans le foyer : la suie et le bistre déposés par un bois humide s'enflamment sous l'effet de la chaleur, et l'incendie peut gagner la charpente. Pour l'éviter, trois habitudes suffisent : ramoner, brûler du bois sec, garder un bon tirage, et ne jamais laisser la flamme sans surveillance.

La cause
L'accumulation de suie et de goudrons dans le conduit, nourrie par une mauvaise combustion.
La prévention
Ramonage par un professionnel, bois de chauffage sec, circulation de l'air dégagée.
Le réflexe
Conduit qui gronde ou fumée noire au sommet : fermer les arrivées d'air, sortir, appeler le 18 ou le 112.

Qu'est-ce qu'un feu de cheminée, au juste ?

On parle de feu de cheminée, ou feu de conduit, quand les dépôts collés aux parois de la cheminée prennent feu. Ces dépôts sont de deux natures : la suie, poudreuse, et le bistre, une couche goudronneuse et brillante qui se forme quand les gaz de combustion refroidissent trop vite. Le bistre, proche de la créosote, est le plus redouté : très inflammable, il brûle à très haute température et peut fissurer le boisseau de la cheminée. Savoir reconnaître la créosote dans le conduit permet d'agir avant.

Les signes se reconnaissent vite : un grondement sourd dans la cheminée, une fumée épaisse et noire au sommet de la souche, parfois des flammèches, une odeur âcre dans la pièce et des parois brûlantes au toucher. Le risque d'incendie ne se limite pas à la cheminée : la chaleur se transmet aux poutres et aux matériaux voisins, et la propagation du feu à la toiture est le scénario le plus grave. Une cheminée fissurée laisse aussi passer des gaz chargés de monoxyde de carbone, avec un risque d'intoxication pour les occupants.

Foyer ouvert, foyer fermé, insert ou poêle à bois : toutes les installations de chauffage au bois sont concernées, dès lors qu'une cheminée s'encrasse.

Le ramonage, première barrière contre l'incendie

Le moyen le plus efficace d'éviter un feu de cheminée reste le ramonage mécanique, qui décolle la suie et le bistre avant qu'ils ne s'accumulent. Il se fait au moins une fois par an, souvent deux, dont une pendant la période de chauffe : la fréquence exacte est fixée par le règlement sanitaire de votre département, à vérifier en mairie.

Confier l'opération à un ramoneur qualifié présente un double intérêt. Le professionnel contrôle l'état de la cheminée (fissures, tubage, simple paroi ou double paroi) et remet un certificat de ramonage. Ce document est réclamé par la plupart des contrats d'assurance habitation après un sinistre : sans lui, l'indemnisation peut être discutée.

Une trappe de visite installée le long de la cheminée facilite le travail du ramoneur et permet de vérifier soi-même la propreté des parois entre deux passages, avant l'hiver par exemple.

Quel bois brûler pour limiter la suie ?

La qualité du combustible décide de la quantité de dépôts. Un bois humide consomme une partie de son énergie à évaporer son eau : la flamme reste froide, la fumée chargée de vapeur et de goudrons se condense dans la cheminée. Un bois de chauffage sec, sous 20 % d'humidité, brûle vite et proprement.

  • À privilégier : feuillus durs (chêne, hêtre, charme, frêne) séchés au moins dix-huit mois à deux ans sous abri ventilé.
  • Avec modération : résineux, très chargés en résine, qui encrassent davantage et projettent des escarbilles.
  • À proscrire : bois peint, verni ou traité, palettes, panneaux agglomérés, cartons et déchets, dont les vapeurs abîment la cheminée.
  • Pour allumer : petit bois et allume-feu naturel ; jamais d'essence, d'alcool ou de solvant pour raviver la flamme.

Un humidimètre de quelques euros suffit à contrôler un lot avant de le rentrer. Une bûche qui siffle ou mousse en brûlant est encore trop humide.

Tirage, vent et circulation de l'air

Un bon tirage évacue la fumée avant qu'elle ne refroidisse et limite donc les dépôts. Il dépend de la hauteur de la souche, du diamètre de la cheminée et de l'apport d'air frais dans la pièce : une maison très étanche, une VMC puissante ou une hotte de cuisine peuvent créer une dépression qui fait refouler la fumée.

Quelques réflexes aident à garder un tirage régulier :

  • laisser une entrée d'air dédiée à la cheminée, jamais obstruée ;
  • éviter de faire couver le feu toute la nuit, arrivée d'air fermée : c'est la mauvaise combustion qui produit le plus de bistre ;
  • par grand vent, réduire la charge de bois, car les rafales accélèrent la combustion et rabattent parfois la fumée ;
  • faire poser un chapeau ou un aspirateur statique si le vent dominant perturbe la souche.

Un détecteur de fumée est obligatoire dans tout logement, et un détecteur de monoxyde de carbone est vivement conseillé près d'un appareil à bois : les règles sont détaillées dans notre dossier sur les détecteurs de fumées et la réglementation des poêles.

Foyer ouvert, insert ou poêle : trois doutes sur le risque de feu

Un poêle à bois risque-t-il moins un feu de conduit qu'un foyer ouvert ?

Pas forcément. Un poêle brûle mieux le bois, mais utilisé au ralenti pendant des heures, il encrasse son conduit plus vite qu'un foyer ouvert bien alimenté. Le ramonage reste nécessaire dans les deux cas.

Faut-il ramoner un conduit peu utilisé ?

Oui, car l'obligation ne dépend pas de l'usage. Un conduit inutilisé peut aussi accueillir un nid d'oiseau ou des débris qui bloquent la fumée au premier allumage.

Les bûches de ramonage suffisent-elles ?

Elles fragilisent la suie et facilitent le passage du hérisson, mais ne retirent rien et ne donnent pas de certificat. Elles se combinent au ramonage mécanique, elles ne le remplacent pas.

Les précautions pendant que la flambée brûle

Un foyer ouvert se protège par un pare-étincelles, posé dès que la flambée est lancée. Le feu sans surveillance est la seconde grande cause de sinistre : on ne quitte pas le logement et on ne va pas se coucher avec une cheminée encore chargée de bûches.

Autour de l'âtre, garder une zone dégagée : pas de réserve de bûches collée à l'âtre, pas de tapis, de rideaux, de journaux ni de fauteuils à portée des escarbilles. Les cendres se vident froides, dans un seau métallique fermé et stocké dehors, car elles restent chaudes plusieurs jours. Un extincteur adapté et une couverture anti-feu à proximité complètent l'équipement. Pour l'usage quotidien d'un appareil fermé, voir aussi comment utiliser un poêle à bois en toute sécurité.

Que faire si le conduit s'embrase malgré tout ?

Au premier signe, grondement ou fumée noire, il faut agir vite et dans cet ordre :

  1. fermer les arrivées d'air et le clapet de la cheminée pour priver la combustion d'oxygène ;
  2. ne jamais jeter d'eau dans l'âtre : le choc thermique peut faire éclater la cheminée et produire une vapeur brûlante ; un seau de sable étouffe mieux les braises ;
  3. faire sortir tout le monde et appeler les pompiers au 18 ou au 112, même si l'incendie semble s'éteindre ;
  4. éloigner les objets inflammables proches du conduit, à l'étage et dans les combles, si cela se fait sans danger.

Après un feu de cheminée, la cheminée doit être inspectée par un spécialiste avant toute nouvelle flambée : un boisseau fissuré ne se voit pas de l'intérieur de la maison. Pour aller plus loin sur l'entretien et le choix d'un appareil, la rubrique chauffage au bois rassemble nos conseils.

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