Aller au contenu principal
Poêles à bois.org

Prix des granulés de bois depuis 2020 : ce que montrent les relevés publics

Prix des granulés de bois depuis 2020 : ce que montrent les relevés publics

Entre 2021 et la fin 2022, le prix des granulés de bois a subi sa plus forte augmentation connue, en vrac comme en sac, puis la baisse des prix a ramené la tonne vers un niveau intermédiaire. Cette évolution du prix des pellets varie avec la production, le coût de l'énergie, le gaz et la saison de chauffe.

  • 2020 et 2021 : un prix des pellets stable et bas, en vrac comme en sac.
  • Été et automne 2022 : crise énergétique, achats de précaution, pénurie locale, hausse brutale.
  • 2023 : baisse progressive, stocks reconstitués chez les fournisseurs.
  • Depuis 2024 : un palier plus haut qu'avant la crise, avec des écarts saisonniers marqués.

Comment évolue le prix des pellets depuis 2020 ?

La réponse courte : le prix des granulés a d'abord été d'une grande stabilité, puis il a flambé en 2022, avant de revenir vers un niveau intermédiaire. Les relevés publiés par Propellet, l'association de la filière du granulé de bois en France, et ceux de la base Pégase du service statistique du ministère de la Transition écologique décrivent la même courbe, avec quelques semaines d'écart selon la méthode de collecte.

Sur 2020 et 2021, le prix moyen de la tonne en vrac et celui du sac de 15 kg bougent peu d'un trimestre à l'autre. Le granulé est alors l'une des énergies de chauffage les moins chères rapportées au kWh, loin devant le fioul domestique, le gaz propane ou l'électricité. Cette avance a nourri une demande forte : les ventes de poêles et de chaudières à granulés ont progressé année après année, soutenues par les aides à la rénovation et par le label Flamme verte.

Le basculement intervient à l'été 2022. Avec la guerre en Ukraine, le prix du gaz naturel et celui de l'électricité s'envolent sur les marchés de gros. Les ménages qui se chauffent aux pellets anticipent une pénurie et remplissent leur silo dès juillet, au lieu d'attendre la saison de chauffe. Les distributeurs, qui reconstituent d'habitude leurs stocks pendant les mois calmes, voient leurs palettes partir en quelques jours. La hausse des prix est alors plus rapide que tout ce que la filière avait connu.

À partir du printemps 2023, la tendance s'inverse : la production a été relancée, les importations ont repris, et la demande s'est calmée après un hiver plus doux que prévu. Le prix des granulés redescend par paliers, sans revenir tout à fait au niveau du début de 2021. Depuis 2024, il évolue dans une bande plus étroite, avec la saisonnalité habituelle : plus bas au printemps et en été, plus ferme à l'automne.

Les grandes périodes de l'évolution du prix des granulés

Pour lire une courbe de prix sans se perdre dans les chiffres, il vaut mieux découper la période en phases. Le tableau suivant donne le niveau relatif du prix pour chaque phase, en vrac et en sac, d'après la forme des séries publiées par la filière et par l'administration. Il ne remplace pas un relevé daté ni une estimation régionale : il sert à situer le moment où vous achetez dans le cycle, vue d'ensemble que cet article complète par les causes observées de chaque phase.

PériodeGranulés en vracGranulés en sacContexte
2020 - début 2021bas, stablebas, stableoffre abondante, demande en croissance régulière
fin 2021 - printemps 2022en légère hausseen légère haussereprise économique, coût du transport et de l'énergie en hausse
été 2022 - hiver 2022-2023très hauttrès haut, ruptures en magasincrise énergétique, achats de précaution, pénurie locale
2023en baisse continueen baisse, promotions de fin de saisonstocks reconstitués, hiver doux
2024 - 2026intermédiaire, saisonnierintermédiaire, saisonniermarché détendu, écart été / hiver marqué

Deux remarques sur ces données. D'abord, le vrac et le sac ne suivent pas exactement la même courbe : le prix du sac réagit plus vite, parce que les grandes surfaces et les jardineries ajustent leurs étiquettes à chaque arrivage, alors que le prix de la tonne en vrac dépend de contrats et de tournées planifiées. Ensuite, une moyenne nationale masque de vrais écarts entre régions : un fournisseur proche d'une unité de production livre souvent moins cher qu'un distributeur qui fait venir sa matière de loin.

Pourquoi les prix des granulés ont-ils autant augmenté en 2022 ?

La hausse de 2022 ne vient pas d'une seule cause, mais d'une addition de facteurs arrivés en même temps. Le premier est la demande : chaque nouvel appareil installé (poêle, insert ou chaudière à granulés) consomme des pellets tous les hivers, et le parc avait beaucoup grossi en quelques années. Quand les prix du gaz et de l'électricité ont flambé, le granulé est devenu la solution de repli évidente pour de nombreux ménages.

Le deuxième facteur est la production. Le granulé de bois est fabriqué à partir de sciure et de copeaux, sous-produits des scieries : sa matière première dépend donc de l'activité du sciage, qui ne s'accélère pas sur commande. Le séchage et la presse consomment eux-mêmes de l'énergie, et le coût de l'électricité industrielle a pesé directement sur le coût de production. Le transport, enfin, a suivi le prix du gazole.

Le troisième facteur est l'approvisionnement européen. Une partie des pellets consommés en Europe venait de Russie, de Biélorussie et des pays baltes ; les sanctions ont retiré ces volumes du marché, et les acheteurs se sont reportés sur les autres pays producteurs, dont la France. Le quatrième, souvent sous-estimé, est psychologique : la peur de manquer a fait acheter en juillet ce qui s'achète d'habitude en octobre, et cette demande concentrée sur quelques mois a vidé les stocks.

Le bouclier tarifaire, qui a limité la hausse du gaz et de l'électricité pour les particuliers, ne s'appliquait pas au bois de chauffage ni aux granulés. L'État a en revanche versé un chèque énergie exceptionnel destiné aux ménages chauffés au bois, fin 2022 et début 2023, pour amortir une partie du surcoût.

Quel est le prix des granulés en vrac par rapport au sac ?

En règle générale, le granulé en vrac livré par camion souffleur revient moins cher à la tonne que le même produit acheté en sac sur palette, parce qu'il évite l'ensachage, le film plastique et une partie de la manutention. Ce n'est pas vrai partout ni toujours : le vrac demande un silo ou un local de stockage, une livraison minimale de plusieurs tonnes, et des frais de déplacement qui varient selon la distance au dépôt.

Le sac reste la solution la plus courante pour un poêle à granulés dans une maison sans place pour un silo. Le prix palette est alors le bon repère : acheter une palette complète, plutôt que des sacs à l'unité, réduit nettement le coût par kilo. Certains fournisseurs proposent un tarif dégressif à partir de deux ou trois palettes, ou une remise pour une commande passée hors saison.

Pour comparer vrac et sac en kWh, il faut ramener chaque offre au pouvoir calorifique. Un granulé certifié affiche un PCI d'environ 4 600 kWh par tonne (4,6 kWh par kilo) : à prix égal par tonne, le vrac pour un PCI de 4 600 kWh et le sac au même PCI fournissent la même chaleur. La différence se fait donc sur le prix de la tonne, les frais de livraison et la qualité : un granulé trop poussiéreux ou trop humide fait chuter le rendement et encrasse l'appareil. Les certifications et le taux d'humidité à contrôler sont expliqués dans le guide pour choisir ses granulés de bois, à lire avant de commander.

Granulés, gaz, électricité, fioul : le prix au kWh dans la durée

L'intérêt du chauffage au bois se juge en coût par kWh utile, pas en prix du sac. Sur toute la période depuis 2020, le granulé est resté parmi les énergies les moins chères au kWh, y compris au pic de 2022 : sa hausse a été spectaculaire en pourcentage, mais celle du fioul domestique et du gaz propane l'a été aussi, et le prix de l'électricité a continué de monter après la fin du bouclier tarifaire.

Ce rapport reste vrai en 2026 selon les comparatifs publiés par la base Pégase, qui suit le prix des énergies domestiques trimestre après trimestre : le granulé en vrac se place sous le gaz naturel et nettement sous l'électricité et le fioul, le bois en bûches restant l'énergie la moins chère pour qui dispose de son propre bois de chauffage. L'écart dépend du rendement de l'appareil : une chaudière à granulés récente, réglée et entretenue, valorise mieux chaque kWh qu'un vieux poêle mal dimensionné.

Pour estimer un budget annuel, partez de la consommation de votre logement plutôt que d'une moyenne nationale. Une maison bien isolée consomme bien moins de tonnes par an qu'une maison ancienne de même surface, et l'eau chaude sanitaire produite par une chaudière ajoute une part non négligeable. Le calcul détaillé, avec les facteurs qui font varier la facture, figure dans notre page sur le coût du chauffage au bois sur une année.

Ce qu'on se demande avant d'acheter ses granulés

Quel est le prix moyen des granulés en ce moment ?

Le prix moyen dépend du mode d'achat (vrac ou sac), de la région et du mois. Les relevés les plus fiables sont l'indice publié par Propellet et la base Pégase du ministère, mis à jour plusieurs fois par an. Ils donnent une moyenne nationale : votre fournisseur peut se situer au-dessus ou au-dessous selon la distance au site de production et le volume commandé.

Les prix des pellets vont-ils baisser ?

Personne ne peut l'affirmer. Les relevés montrent un marché détendu depuis 2024, avec des stocks disponibles et une production française en hausse, mais le prix reste sensible au coût de l'énergie et à la demande. La seule tendance régulière est saisonnière : le granulé coûte le plus souvent moins cher entre avril et juillet qu'en décembre.

Quel impact de la crise sur les prix aujourd'hui ?

La crise énergétique a laissé un prix plus haut qu'en 2020, parce que les coûts de production, de séchage et de transport n'ont pas retrouvé leur niveau d'avant. Elle a aussi changé les habitudes : beaucoup de ménages achètent désormais au printemps, ce qui lisse la demande et limite le risque de pénurie à l'entrée de l'hiver.

Comment comparer les prix des granulés entre deux offres ?

Ramenez chaque offre au même poids et au même PCI, ajoutez les frais de livraison et vérifiez la certification (ENplus A1 ou DINplus). Une offre moins chère sans certification peut coûter plus en fin de saison, à cause d'un rendement plus faible et d'un entretien plus fréquent.

Acheter au bon moment : la saisonnalité du prix des granulés

La saisonnalité est le seul levier que l'acheteur maîtrise vraiment. Chaque année, la demande se concentre entre septembre et janvier, quand les ménages lancent leur premier feu. Les fournisseurs le savent : les promotions de printemps, les offres de précommande et les tarifs « été » servent à étaler les livraisons sur douze mois. Commander en mai ou en juin, c'est acheter au creux du cycle et éviter les délais de livraison de l'automne.

Cette règle a une limite : elle suppose de pouvoir stocker. Le granulé craint l'humidité, et une palette laissée dehors sous une bâche perd vite en qualité. Il faut un garage sec, une cave ventilée ou un silo, et compter la place nécessaire à une saison complète. Pour un logement où le stockage est impossible, mieux vaut fractionner les achats en deux ou trois commandes que tout acheter en décembre.

Dernier point de la saisonnalité : la fin de saison. En mars et avril, certains distributeurs écoulent leurs dernières palettes à prix réduit pour faire de la place aux nouveaux arrivages. C'est une bonne occasion pour un appareil qui tourne encore quelques semaines, à condition que le produit ait été stocké correctement.

Ce qui fera encore varier le prix dans les prochaines années

Plusieurs facteurs pèseront sur l'évolution du prix des granulés, sans qu'on puisse en tirer une prévision chiffrée. Le premier est l'équilibre entre la production et le parc d'appareils : la France a ouvert de nouvelles unités de production depuis 2022, ce qui sécurise l'offre, mais chaque poêle ou chaudière installé ajoute une demande annuelle durable. Le deuxième est l'activité des scieries, dont dépend la matière première : une baisse de la construction en bois réduit la sciure disponible.

Le troisième facteur est le prix de l'énergie elle-même. Le séchage et la granulation consomment de l'électricité et de la chaleur, et une nouvelle hausse du prix de l'électricité se répercuterait sur le coût de production. Le quatrième est politique : les aides au remplacement d'un ancien chauffage par un appareil au bois soutiennent la demande, et leur évolution modifie le rythme des installations, donc la demande accrue ou non de chaque saison.

Enfin, le climat compte : un hiver froid et long vide les stocks plus tôt, un hiver doux laisse des palettes invendues au printemps. Pour un ménage qui hésite entre plusieurs énergies, cette sensibilité au marché se compare à celle des autres combustibles ; notre comparatif entre poêle mixte, poêle à bois et poêle à granulés aide à peser la souplesse de chaque appareil face à ces variations.

Suivre le prix et passer commande sans mauvaise surprise

Pour suivre l'évolution du prix des granulés, deux sources publiques suffisent : l'indice de Propellet, publié plusieurs fois par an et ventilé entre vrac et sac, et la base Pégase du service statistique du ministère, qui permet de comparer le granulé au gaz, au fioul et à l'électricité sur une longue période. Les pages des distributeurs donnent un prix du jour, utile pour comparer deux offres, mais pas pour juger d'une tendance.

Avant de commander, vérifiez dans l'ordre :

  • la certification du granulé (ENplus A1 ou DINplus) et son taux de cendres ;
  • le prix rapporté à la tonne, frais de livraison compris, et le délai annoncé ;
  • pour le vrac, la quantité minimale et l'accès du camion souffleur jusqu'au silo ;
  • pour le sac, le prix palette et les conditions de reprise des palettes vides ;
  • la date de validité de l'offre, souvent limitée à quelques semaines au printemps.

Si vous envisagez de remplacer votre appareil plutôt que de changer de combustible, faites chiffrer le projet par un professionnel : notre formulaire de demande de devis pour un poêle transmet votre besoin à un installateur, qui prendra contact avec vous et vous proposera une offre adaptée à votre logement et à votre consommation. La question du combustible se pose alors également : l'installateur peut vous indiquer quel appareil était le plus économique à chauffer sur les dernières saisons dans votre région.

↑