Poêle de masse (à accumulation)

Bien que peu répandu, le poêle de masse est pourtant un des appareils de chauffage les plus efficaces. Ce chauffage à accumulation produit une chaleur rayonnante, homogène et saine : zoom sur le poêle le plus ancien du marché.

Historique

Poêle de masse

Poêle de masse

Le poêle de masse est originaire d’Europe occidentale où il chauffe depuis des siècles plusieurs régions comme l’Alsace, le Bade-Wurtemberg ou le nord de la Suisse. Son nom, « Kachelofen », vient d’Allemagne et peut être littéralement traduit par « four (ou poêle) recouvert de carreaux ». Il utilise une méthode de chauffage très ancienne, dont l’ancêtre se retrouve chez les Romains sous la forme de l’hypocauste, système de chauffage par le sol qui était utilisé pour chauffer les thermes.

La trace des premiers poêles en faïence ou en « kalchen » (carreaux en céramique réfractaire) remonte aux 8 et 9ème siècles. L’évolution de ce poêle, appelé aussi poêle à inertie, a principalement eu lieu dans l’Europe de l’Est et l’Europe du Nord (Russie, Finlande, Danemark…).

Principe de fonctionnement

Poêle de masse, esthétique traditionnelle

Poêle de masse, esthétique traditionnelle

Le poêle de masse est un chauffage à accumulation, c’est-à-dire qu’il absorbe la chaleur produite par la combustion des bûches, et est capable de la restituer pendant plusieurs heures. Cet appareil est constitué de trois éléments qui lui permettent d’être un appareil solide et performant.

Le foyer qui est l’espace où les bûches sont chargées avant et pendant la flambée. On trouve deux types de foyers : maçonné ou en fonte avec briques réfractaires. Ce deuxième foyer est plus efficace car il permet d’utiliser le système de double combustion, principe qui entraîne une montée en température importante (600°C) de la combustion primaire afin d’enflammer – et de brûler – les gaz émis par cette première flambée (enrichis en oxygène par une arrivée d’air secondaire).

Le récupérateur est la seconde partie du poêle à accumulation. Raccordé au conduit d’évacuation, il récupère les fumées par un système de chicanes et transmet l’énergie – la chaleur – restante à l’habillage du poêle. Ce manteau extérieur assimile et stocke la chaleur puis la diffuse par rayonnement dans la pièce.

Une flambée quotidienne suffit pour produire et diffuser de la chaleur pendant une journée entière. Sa diffusion crée une douce chaleur, comparable à celle du soleil et réchauffe les masses qu’elle rencontre. La température est constante et homogène. Cette caractéristique fait de ce poêle, un appareil très peu énergivore. Si un feu court et violent entraîne une production de chaleur sur une longue durée, la consommation en bois est donc assez faible : en moyenne 10 stères/an pour une maison ancienne, grande et peu isolée et seulement 3 à 5 stères/an pour une maison plus petite et plus isolée. Cette inertie est son principal atout.

De plus, un poêle de masse est solide et a une longue durée de vie car il ne comporte pas d’électronique et peu de pièces amovibles ou susceptibles de s’abîmer. Rustique d’apparence, le kachelofen sait aussi se faire moderne et élégant comme nous allons le voir dans la dernière partie.

Caractéristiques générales

Poele de masse moderneLe poêle à accumulation possède, en général, un bon rendement, parfois jusqu’à 87 %. Ce qui le rend éligible au crédit d’impôt et au label Flamme Verte, et cela se remarque dans les ventes dont plus de 90 % concernent des poêles de masse labellisés. Certains poêles ont une puissance nominale utile qui atteint les 15 kWh.

Le poêle de masse tire son énergie des matériaux lourds dont il est constitué, toutefois ils peuvent représenter un inconvénient. En effet, le temps de chauffe de la totalité du poêle est proportionnel à sa masse. Une donnée à prendre en compte au quotidien, la montée en température se fait graduellement et dans une maison froide, 36 à 48 heures sont nécessaires pour atteindre une température convenable. Des modèles de poêles plus réactifs existent, deux heures pour chauffer à pleine puissance, mais ils restitueront la chaleur moins longtemps (8 à 12h) et le nombre de flambées par jour sera plus élevé.

Pour que la chaleur diffusée soit importante, il faut que la combustion soit complète. Pour cela, la qualité du bois est essentielle et il ne doit pas dépasser les 20 % d’humidité. N’importe quelle essence de bois peut être utilisée, des résineux ou des bois blancs, mais également des résidus du bois (scieries, charpentes…).

La consommation de bois est faible, tout comme les émanations et les rejets ou de CO2 et une très petite production de cendres, ce qui fait du poêle à masse un appareil de chauffe durable, propre, économique et pratique.

L’esthétique des poêles à accumulation a beaucoup évolué. Bien qu’ils soient toujours construits dans des matériaux lourds comme la pierre, la brique ou le béton, les matières qui sont utilisées pour l’habillage (parois extérieures autour du cœur de chauffe) ne sont plus uniquement des carreaux ou de la faïence, mais de la stéatite, du granit, du grès, etc.

La place et le support pour ce type de poêle sont à prendre en considération avant tout achat. De 1 à 6 tonnes, il faut couler une dalle en béton avec une couche d’isolant incompressible pour éviter un pont thermique sous le poêle. On trouve aujourd’hui des modèles plus légers qui peuvent être supportés par des poutres métalliques scellées.

Enfin, le poêle de masse peut être relié au système d’eau chaude ou servir de foyer (ajout d’un four) pour une cuisson lente et savoureuse des aliments comme le pain, les plats mijotés ou les pizzas. Les poêles de masse peuvent coûter jusqu’à 8 000 € selon les marques et les modèles. Si le tarif vous rebute, n’oubliez pas que des marques comme Romotop proposent des poêles à accumulation bien plus abordables.

Source des images : Consommer durable, Ehrhardt Cheminées et Wikipédia